Marché immobilier, peut-on encore se fier au tunnel de Friggit?

L’économiste Jacques Friggit propose depuis plusieurs années, un principe de corrélation entre le prix de l’immobilier et la tendance des salaires. Cette théorie, connue sous le nom de « Tunnel de Friggit », s’avère justifiée entre 1965 et 2002, mais il semble s’étioler depuis plus de 15 ans. En effet, le duo salaires et prix du marché de l’immobilier sont fortement liés, mais depuis plusieurs années, la courbe des salaires ne connaît pas de fortes variations, alors que celle de l’immobilier progresse de manière vertigineuse. Dans l’analyse de Friggit, il arrive un moment où la courbe de l’immobilier en connaissant une forte augmentation, rentre dans un trou d’air (principe du Tunnel : dès lors que l’un se détache de façon trop importante de l’autre, à plus de 35%, la crise va se produire très rapidement).

Si les cycles économiques étaient connus précédemment, la mondialisation, les politiques économiques mondiales beaucoup plus diversifiées et moins contrôlées pour deux grands axes (Est Ouest), les modes de vies et les attentes des consommateurs ont un peu bousculé les vérités économiques d’aujourd’hui.

Nous constatons un écart nettement plus fort actuellement entre l’évolution des salaires et celle des prix de l’immobilier. Je propose donc à Jacques Friggit une révision de sa théorie ou de l’écart type de son tunnel. Lorsque les crises immobilières étaient fortement liées aux effets conjoncturelles (périodes de 7 années) des crises pétrolières, déflationnistes, ou aux tensions  politiques de la guerre froide, aujourd’hui les effets semblent plus structurels. Les crises économiques ne sont plus binaires, l’Asie, le monde arabe, l’Inde, l’Afrique noires qui progresse fortement actuellement, proposent des voix de sorties et se des marchés de secours ou de recours, quand l’Europe et les Etats Unis vont moins bien !

Plus proche de nous les ménages ne réagissent plus de la même façon, ne consomment plus comme nos parents, la résidence secondaire n’étant plus une tendance générale de la consommation des familles, le phénomène des divorces en hyper centre des grandes villes de France, sont autant d’éléments qui viennent perturber les principes avancés par Jacques Friggit. J’en veux pour preuve, l’augmentation des prix de l’immobilier entre 2002 et 2017 qui dépasse les 75% alors que celle des salaires pendant ce temps, est restée, très lente et très faible. Or la crise immobilière (même avec les subprimes américains) n’est pas venue en France.

Par conséquent les marqueurs ont changé, il n’y a plus de crise envisageable de façon certaine, si l’écart est supérieur à 35% entre salaire et prix de l’immobilier, je suggère d’intégrer à ces deux facteurs, un indice supplémentaire comme le mouvement des taux directeurs. Qui permettent de dynamiser le marché immobilier, quand les salaires n’augmentent plus vraiment face à la valeur de l’argent.

On pourrait également agréger l’incidence des besoins en logement neuf, dont le solde démontre que l’immobilier est une priorité forte et qu’il subsiste des manques colossaux. Il faudra surement surveiller les projets fiscaux de nos candidats à la présidence. L’un des leaders se focalise sur la fiscalisation des patrimoines immobiliers. Attention à vouloir taxer les propriétaires il y a un risque de scléroser le marché de la pierre! En faisant rentrer d’un coté, de l’argent dans les caisses de l’état, on épuise de l’autre les mutations et les droits fiscaux qui vont avec, sans compter sur les effets sur les rénovations, travaux, matériaux et par conséquent une baisse des encaissement de TVA, comme des emplois des entreprises liées à l’immobilier dans son ensemble (bâtiment, construction, financement, vente, notaire) !

Nos économistes comme d’habitude doivent revoir ces nouvelles données afin de permettre des prévision plus réalistes et de communiquer des conseils plus censés à nos politiques…

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